SCRED RADIO
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Lieux : Scred Boutique

La célèbre Scred Boutique propose différents articles streets hip-hop à la vente : cd’s, vyniles, tee-shirts, jeux de société, podcast, accessoires, livres … Mais elle est aussi une sorte de laboratoire où les emcees, peuvent y exprimer leurs histoires, évoquer quelques anecdotes inédites, ou partager leurs sons dans des freestyles diffusés en live sur facebook.

Après Demi Portion, c’est au tour du Gen Zu Clan de franchir les portes de la street boutique créée par les membres de la Scred Co!

 

En éclaireur avisé, arrive Régis le manager du crew originaire de Montfermeil, puis suivent les quatre mc’s : Mike Jack, Deehar Degaz, Desko, Diaz dit Deskodiaz. Regards complices, bonne humeur, quelques vannes qui fusent sont autant d’indices des liens d’amitiés qui unissent ces rois de l’underground autoproclamés.

Ils ont traîné ensemble avant de rapper, se connaissent par cœur, et se renvoient les punch’ comme un sport quotidien pour se maintenir en forme. Ils passent du Hip-Hop à l’auto entreprenariat, du micro à la sérigraphie, sans oublier le beatmaking ; en effet, toutes les prods de l’album sont signées Mike Jacks.

Malgré leurs statuts d’invités, et leurs titres intentionnellement provocateurs dans « un rap sans débat, où les mc’s rappent pour briller », ils nous proposent généreusement des boissons et quelques gâteaux avant de commencer l’interview. Le magnétophone est en marche, on s’échauffe tranquillement par les présentations des membres, et de leur album Roi de l’underground  disponible sur les plateformes numériques depuis le 24 Mars 2017. Avec beaucoup de malice et d’intelligence, le débat s’oriente vers une critique lucide du Hip-Hop actuel et de son évolution.

Le Gen Zu Clan tire son nom du néologisme Genz, traduit littéralement par « se prendre un coup de jus », qui évoque dans sa signification la plus ancienne « la lumière dans les coins sombres ». Il fait référence au son que fait l’électricité quand il y a une surtension, dans les caves transformées en squat au « Boske ». L’hommage est ainsi rendu à ces intrépides, qui pour que la « lumière soit » s’improvise électricien d’un soir, au risque de se prendre des coups de « genzzz ».

« Un classique qui va traverser le temps »

Par moment, cette curieuse réunion de sept personnes dans le sous-sol vétuste du 80 rue Marcadet, semble prendre les tonalités d’un cliché sépia, parmi les vinyles et les cd’s, où la nostalgie s’invite comme si elle avait toujours été là. L’âge d’or du rap est souvent évoqué, avec d’autres mots clés comme : le Hip-Hop, le respect, la base.
On a presque le sentiment, que c’est cette même nostalgie du bon son qui est le moteur de leur créativité. Une conscience aigu d’être les héritiers d’une culture authentique, dont ils s’évertuent à la transmettre sans tache, comme un devoir de mémoire, à cette nouvelle génération d’amoureux du Hip-Hop, qui scroll et switch inlassablement, sans jamais avoir eu à retourner la cassette pour écouter la face B. Puisqu’au fond les jeunes aiment le rap oldschool, ce n’est juste pas/plus ce qui est proposé sur la bande fm résume Desko.

Cette hantise de durer dans le temps contraste avec le renouvellement permanent des artistes dans l’industrie du disque, où les emcees/crews disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus. Le Gen Zu Clan interroge, provoque et nous rappelle aux sources d’un art revendicateur et sans apitoiement par le biais de leur label Don’t cry record.

Merci au Gen Zu pour cette rencontre enrichissante, et pour leur freestyle électrique que vous pouvez retrouver sur le lien ci-dessus.

Live FB en direct de la Scred Boutique:

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1920586224841072&id=1583391408560557

 

L’INTERVIEW

 

Pouvez-vous vous présenter ?
Mike Jack rappeur auteur compositeur, Deehar Degaz rappeur du Gen Zu, Desko rappeur du Gen Zu , Diaz dit Deskodiaz rappeur du crew.

Comment le groupe s’est il formé?
– On est des amis d’enfance qui traînaient ensemble, on vient du même quartier, on s’est connu avant de faire de la musique.

Est-ce que le Gen Zu Clan a une signification particulière?
– Depuis tout petit  quand on était dehors on squattait les caves, un peu comme notre deuxième maison, on les a aménagées  avec des canapés,  la lumière etc…. Il y en a dans l’équipe qui se prenaient pour des électriciens et quand ils se prenaient des coups de jus on disait qu’ils prenaient des coups de « Genzz », des coups de « Genzuuu », c’est ce bruit qui nous a donné ce mot.
[On squattait tous dans les « Cal-lo » tu avais l’impression que le quartier était vide, en faite on sortait des « sous sols » c’était underground, d’où les Rois de l’underground].

Aujourd’hui on peut dire que vous faites du rap à plein temps?
– A la base on fait du rap, c’est une passion, parce-qu’on kiff, car aujourd’hui on voit des gens qui font le truc, et on a l’impression qu’il ne kiff pas eux-mêmes.

Dans votre dernier son Boske Zoo, on vous voit enchaîner les passes passes de manière assez fluide, cela en devient presque naturel, c’est la preuve que vous vous connaissez bien?
– On se connaît par cœur. Notre génération a eu énormément de chance, on a été éduqué aux Tupac et Biggie, par le meilleur du rap américain et Français, il y avait NTM, IAM à son apogée, plus tard Ärsenik. On a été bercé par l’âge d’or du rap, on avait pas le choix, on écoutait que du bon, même Skyrock passé du bon son, c’était l’âge d’or du zook et même la variété française était au top. 

Sur cette album on a voulu revenir aux sources, on fuck tout le monde et on fait le vrai truc.
Le Manager : Le problème aujourd’hui c’est que les jeunes ne connaissent plus base, ils pensent que la base c’est la trap, par exemple tout le monde aime Booba mais la base de Booba c’est Lunatic et les jeunes ne sont pas ou très peu au courant.
A l’époque quand on écoutait les sons, c’étaient à nous de nous mettre au niveau des plus grands, et pas le contraire.

Votre dernier son/clip Boske Zoo a plutôt bien marché avec presque 300 000 vues, cela veut dire qu’il y a toujours une demande pour le rap oldschool?
– Les gens, même les p’tits kiffent, ils n’écoutent pas sa juste parce qu’on ne le met pas assez en avant. On ne leur donne pas sa. Ce n’est pas ce qui passe sur les ondes.

Quelles sont vos influences?
– Nous c’est plus les organisations qu’on aime, comme Death Row ou Badboyzs , Ruthriders, le Wu Tang, NWA, le  Gen Zu Clan ça peut te faire penser à tout sa, c’est plus comme une affaire de famille.

C’est dur de se mettre en accord ?
– Franchement la plupart du temps on a les mêmes idées, même si des fois, nos avis divergent, on trouve toujours un terrain d’entente. On avance sans calcul, on écrit, on pose, on kiff!
On ne peut pas écrire chacun de son côté il faut que l’on s’enferme et que l’on soit en symbiose, en harmonie.

Gen zu clan

[Pour notre pochette il y en a qui disent que c’est Fugees et d’autres Death Row, c’était un petit clin d’oeil et pour ceux qui ne connaissent pas, ils peuvent faire une recherche et découvrir ces groupes.]

Vous faites quel genre de rap?

– On fait du Hip-Hop ! « Les Rois de l’underground », c’est à l’ancienne les gens ne se servent plus de ce mot alors que c’est la base, c’est un peu provocateur, c’est compétitif, le rap est devenu trop correct maintenant, il n’y a plus de débat, ils sont tous copains, enfin de faux copains! nous on fait du rap car on  aime sa.

Vousgen zu avez  créé votre propre Label « Don’t Cry Recordz » ?
Oui on l’a crée il y a quelque temps, on est en équipe on voulait faire une asso qui puisse regrouper tout ce qui est associé à notre rap comme les tee-shirts, survets, casquettes ….
D’ailleurs Gen Zu c’était une marque de vêtement avant d’être le nom du crew.

Le rap c’est comme une entreprise, on a appris pas mal de chose, on s’est aussi beaucoup  cassé la gueule, avec peu d’aide extérieur. c’est de là que vient le mot Don’t Cry : pleures pas c’est un état d’esprit, il faut aller de l’avant, ce sont des leçons de vie.

 
Quel est votre plus beau souvenir de concert?
– En fait on a pas de moments en particulier, ce qui nous fait kiffer c’est quand on arrive en chalanger dans un lieu ou personne ne nous connaît et qu’après un ou deux titres on retourne la salle et que tout le monde bouge sur nos sons. Même si le public n’est pas venu pour nous, si on les fait kiffer, la « partie » est gagnée: on mouille le maillot!
[Le manager: Ils ont une capacité a conquérir le public qu’ils ne connaissent pas, quand ils sont sur la scène ils savent comment capter le public ]

Vous travaillez sur d’autres projets?
– On travaille sur un documentaire, qui résume notre parcours, on va présenter les gens avec qui on a bossé, dans le rap il y a plein de choses et les gens connaissent peu les coulisses. 

Vous faites vous même les prods?
– Oui c’est Mike Jack qui fait toutes les prods, on a besoin de personne.

geeeMJ : Quand on a commencé à faire du son et que l’on cherchait des prods les gars nous répondaient en chinois, du coup je me suis mis à en faire. C’est comme quand on était jeunes et que l’on ne pouvait pas aller en boite, nous on créait nos propres soirées. Le problème dans le Hip-Hop c’est que les gens nous font galérer et nous, on aime pas perdre du temps. C’est pas qu’on aime pas les autres mais c’est un plus pratique. D’ailleurs Big Up à Mokless, avec la Scred ils sont une référence dans le milieu.

Il y a des feats dans l’album?
– Oui Guetto Fabulous, et une emcee qui s’appelle Katana.

Donnez trois bonnes raisons d’acheter votre projet.
– Parce qu’on est les ROI DE l’UNDERGROUND

Le mot de la fin ?
– Régis manager :  Ca va être un « classic », il va traverser le temps sans problème, on a réalisé cette album pour qu’il dure, quand tu l’écoutera dans 20 ans sa sera toujours du bon…

RDV le 1er Avril à la Scred Boutique pour un Showcase avec le Gen Zu Clan.

Cliquez ici pour retrouver Les rois de l’underground en téléchargement légal  [Lien]