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Salut Jey ! On te rencontre aujourd’hui à l’occasion de ta présence à l’affiche de la troisième édition du Scred Festival qui aura lieu les 19, 20 et 21 Janvier 2018. Avec ton groupe de danse, les « Bad Gals », vous accompagnerez sur scène la rappeuse Mac Manu. Vous serez également sur scène lors de la troisième édition des soirées « AH SOUHAIT PARTY » organisées par les collectifs respectifs des rappeurs Despee Gonzales et Dino – Ursa Major et KillaBizz.  Comment es-tu venue à la danse ? Peux-tu me parler un peu de ton parcours de chorégraphe jusqu’ici ?

J’ai su dès le lycée que je voulais faire de la danse mon métier, que c’était le domaine dans lequel je ne m’ennuierais jamais et qui seul m’offrirait la possibilité d’innover et de me renouveler en permanence.

L’envie d’être chorégraphe est venue plus tard, au moment où j’ai commencé à danser au sein du groupe de hip-hop brestois TSC (Tous Styles Confondus). Celui-ci comptait à l’époque 5 membres et était dirigé pour l’essentiel par Florian Loisy, un excellent danseur de L.A. Style.

Puis j’ai rejoint Paris sur la proposition de Géraldine Armstrong qui y dirigeait une compagnie de jazz de renom. Elle m’avait repéré à l’occasion d’un événement jazz lors duquel nous avions proposé en groupe une chorégraphie de Sophie Lemière, professeure de Jazz au Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Brest. J’avais ensuite présenté un solo sur « Lingus » de Snarky Puppy qui avait marqué les esprits, autant les danseurs que les professeurs et les musiciens. Géraldine avait été séduite et considérait que je « sortais du lot » et que je devais absolument poursuivre dans cette voie.

J’ai par la suite intégré l’Institut International de Danse dirigé par Ricko Dums, réputé pour son exigence à l’égard de ses élèves.

 

Comme un rappeur débutant qui se forme en écumant les open mics, je crois savoir que tu es passée par les grandes compétitions nationales de danse.

C’est exact. Dans toute une série de compétitions organisées par le Centre National de la Danse (CND) et la Fédération Française de Danse (FFD), je me suis régulièrement classée parmi les premières places. J’ai enchaîné les concours de danse avant de finir par remporter le titre de vice-championne de France de jazz en concours FFD. J’ai beaucoup appris durant toute cette période mais je sentais que quelque chose ne me correspondait pas totalement. Je craignais de m’enfermer dans un style en particulier et d’y être cantonnée. Ce qui m’intéressait avant tout, c’était de créer et de concevoir des chorégraphies.

 

JEY-LOWCY-BAD-GALS

 

L’idée de former ton propre groupe de danse, les « Bad Gals », c’était donc le moyen de t’affranchir de toutes barrières et de te laisser la possibilité d’explorer tous les styles, aussi bien en tant que danseuse qu’en tant que chorégraphe ?

C’est en effet à ce moment-là que j’ai décidé de créer mon groupe, les « Bad Gals ». J’ai eu la chance de pouvoir choisir parmi d’excellents danseurs que j’avais rencontrés chez Ricko Dums ainsi qu’au LAX Studio. Il y avait tous les éléments propices à me donner envie de tenter l’expérience : le talent et la bonne ambiance. J’avais à cœur de choisir des danseurs qui maîtrisaient également des styles différents du jazz, notamment le lady afro et le hip-hop, afin de pouvoir faire une proposition artistique plus riche et plus complète. J’ai sélectionné ceux qui avaient le plus de charisme, qui transmettaient le plus d’émotions à travers leur manière de danser, et non pas forcément les plus performeurs.

Notre toute première scène à 5 en tant que « Bad Gals », c’était cet été lors de la première partie de Taïro qu’on a d’ailleurs pu faire grâce à DJ Idem. Plus récemment, 3 d’entre nous l’ont aussi accompagné lors de son show au Gleiswerk de Thoune en Suisse.

Nous avons par ailleurs fait des apparitions dans des clips, tous styles de danse confondus donc aussi bien jazz qu’afro, hip-hop etc. Nous avons notamment eu la chance de collaborer avec des artistes tels que MHD, Gradur, Aya Nakamura, Abou Debeing, Hiro ft. Sidiki Diabaté Kalash Criminel et Keblack (sur le clip du titre « Mélanger »), Section Pull Up ft. Andy & Tur G (sur le clip du titre « Beyonce ») ou encore Duck Geoffroy qui n’ont pas hésité à nous faire confiance, de même que de prestigieuses salles parisiennes comme La Bellevilloise, La Maroquinerie, Le Trabendo ou le Cabaret Sauvage.

 

 

 

 

Au-delà des 5 membres officiels de Bad Gals, je travaille aussi avec une trentaine de danseurs auxquels je fais régulièrement appel pour mes projets. La plupart s’entraîne au LAX studio de Paris, très réputé en matière de chorégraphie. On est donc en mesure de répondre à n’importe quelle demande car on couvre un panel de danses extrêmement varié, allant du Jazz au Hip-Hop en passant par le Lady-Style, le L.A. Style, l’Afro et bien d’autres.

 

Merci beaucoup Jey d’avoir pris le temps de nous répondre ! Bon courage et bonne chance pour le Scred Festival, on te souhaite le meilleur pour la suite !

 


Interview réalisée par Hugo Benezra (a.k.a. Le Scribe)
Chroniqueur sur Epidemix
Fondateur et auteur chez Grapes of Rap, le blog spécialisé sur le rap français et américain qui se donne pour objectifs d’en décrypter les tendances et d’en cartographier les univers. Parce que les rappeurs sont eux aussi, à leur manière, des raisins de la colère.