SCRED RADIO
block

Au Centre d’Animation Mathis dans le XIXe, était organisé en Avril dernier
une conférence sur l’imagerie du rap Français. Parmi les invités, celle qu’on ne présente plus,
Leila Sy, une clippeuse de rap en mission…

« Je suis en mission”

“J’ai d’autre combat à mener que celui de savoir si je sais filmer un cul sans qu’il soit vulgaire” argue Leila Sy lorsqu’on lui demande si elle a déjà refusé de réaliser un clip qu’elle jugeait dégradant pour les femmes.
En avril dernier, une conférence sur l’imagerie du rap français était organisée par le militant Bakary Sakho et les journalistes Ouafa Mameche et Samba Doucouré.Leila Sy et quelques autres invités, comme le réalisateur Tcho l’Antidote ou encore Sindanu Kasongo, journaliste au Inrocks, n’ont pas hésité à répondre aux questions du public mais c’est la directrice artistique de Kery James qui a été la plus loquace et la plus sollicitée. “Je suis en mission” a-t-elle plusieurs fois répété.“Je me sers de mes créations pour faire passer des messages” explique Leila Sy.Même si les clips « Banlieusards » et « Lettre à la République » ont largement été salué, l’assemblée n’a pour autant pas hésité à la questionner sur le clip “Désolé” de la Sexion d’assaut.Un clip qui a été pour beaucoup de fans le début de la rupture entre le collectif et son public initial.“J’étais en réunion chez Sony, je proposais mes idées, quand on m’a stoppé pour me dire : nan mais là on va s’adresser au babtous” relate Leila Sy pour sa défense.

“Montrer que c’est possible”

Plus tard, c’est un jeune homme qui l’interrogera sur sa condition de femme dans une milieu ultra masculin. Une question qui revient souvent dit-elle et qui l’oblige a affiner son discours. “Je me retrouve malgré moi en charge de représenter les femmes” explique Leila Sy. “Mais je ne veux pas incriminer mon milieu puisqu’il est à l’image de la société qui l’englobe ” conclut-elle.Si elle admet que les filles et particulièrement les rappeuses ne tiennent pas longtemps dans le Hip-Hop, Leila Sy entend multiplier les débats et honoré les invitations pour “montrer que c’est possible”, et parler de son métier.“Je ne peux pas te dire s’il y a beaucoup de clippeuse, mais tout ce que j’espère c’est toutes et tous donnent tout pour y arriver”.

par Ayann Koudou
Journaliste multimédia